Robert Francis Prevost

Premier pape américain et 267ᵉ souverain pontife de l’Église catholique, Robert Francis Prevost a été élu le 8 mai 2025 sous le nom de Léon XIV. Membre de l’Ordre des Augustins, son ministère conjugue service des plus fragiles, engagement écologique et ouverture au dialogue interreligieux.

Un parcours d’exception et engagement pastoral

Origines familiales et premières années

Robert Francis Prevost naît le 14 septembre 1955 à Chicago, dans un quartier à forte identité italo-hispanique où la pratique du catholicisme rythme la vie quotidienne. Fils aîné d’un technicien industriel et d’une institutrice, il grandit dans un foyer où se mêlent l’exigence du travail bien fait et l’ouverture à la dimension spirituelle. Très jeune, il se fait remarquer par sa curiosité intellectuelle et par sa passion pour la musique liturgique : il sert la messe comme enfant de chœur, s’initie au chant grégorien et apprend l’orgue auprès du maître de chapelle de la paroisse Saint Gérard. Chaque dimanche matin, il accompagne la liturgie par des improvisations subtiles, développant une relation intime avec le mystère de l’eucharistie.

Au lycée, il se distingue dans les matières scientifiques, tout en cultivant une vie de prière régulière. Ses professeurs évoquent souvent sa capacité à articuler rigueur académique et sensibilité humaine : il écrit des réflexions sur le rôle de la foi dans la vie moderne, puisées dans la pensée de saint Augustin et des Pères de l’Église. À la fin de ses études secondaires, il choisit de répondre à sa vocation en entrant chez les Frères de Saint-Augustin, attiré par la tradition augustinienne qui unit l’étude des Écritures à un engagement fraternel.

Formation théologique et doctorat

En 1977, Robert Prevost prononce ses premiers vœux religieux à Villanova (Pennsylvanie). Après un noviciat centré sur l’étude des Constitutions augustiniennes et sur l’approfondissement de la vie communautaire, il part à Rome pour rejoindre l’Université pontificale grégorienne. Il obtient en 1982 sa licence en théologie, apportant une attention particulière aux questions de philosophie morale et d’exégèse biblique. Son mémoire de fin d’études porte sur le dialogue entre la tradition patristique et les enjeux éthiques contemporains, posant les bases d’une réflexion qu’il approfondira tout au long de sa carrière.

Entre 1985 et 1987, il rédige une thèse de doctorat en droit canon à l’Angelicum, intitulée Service et autorité dans l’Ordre des Augustins. Dans cet ouvrage, il démontre que l’autorité ne peut se justifier que par un élan de service, et non par la simple hiérarchie. Cette vision, nourrie par la pensée de saint Augustin, influence profondément son style de leadership : il privilégie la collégialité, la consultation et l’écoute, convaincu que l’Église se porte mieux lorsque ses responsables s’approchent des réalités humaines.

Mission, responsabilités et accession au pontificat

Missionnaire et évêque en Amérique latine

Peu après son doctorat, Robert Prevost est envoyé comme missionnaire dans la prélature de Chulucanas, au nord du Pérou. Confronté à des contextes de grande pauvreté rurale, il anime des programmes d’alphabétisation pour adultes, crée des centres de santé de base et développe des initiatives agricoles pour lutter contre la malnutrition. Il noue des liens étroits avec les communautés indigènes, apprenant l’espagnol local et s’initiant aux coutumes ancestrales : il célèbre des messes bilingues, intégrant des chants quechua et sensibilisant les fidèles à la sauvegarde des traditions culturelles.

En 2015, il est nommé évêque de Chiclayo. Dans ce diocèse, il réforme la formation des catéchistes en instituant des sessions de formation alter­natives, alliant enseignement théorique et ateliers pratiques sur la pastorale de la santé et de la famille. Parallèlement, il supervise la rénovation de plusieurs églises historiques menacées par l’usure du temps et les tremblements de terre. Sa méthode se veut participative : il associe volontaires locaux, artisans et experts en patrimoine pour redonner vie aux édifices tout en préservant leur authenticité. Ces projets patrimoniaux deviennent des lieux de rencontre intergénérationnelle et stimulent l’économie locale par l’artisanat et le tourisme religieux.

Préfet de la Congrégation pour les évêques et élection papale

Le 30 janvier 2023, le pape François le nomme préfet du Dicastère pour les évêques et président de la Commission pontificale pour l’Amérique latine. Dans ces fonctions, il supervise la sélection et l’accompagnement de plus de 300 évêques dans le monde entier, veillant à ce que les futurs pasteurs soient choisis selon des critères de compétence doctrinale, de maturité spirituelle et d’ouverture pastorale. Il insiste sur la nécessité de prendre en compte les réalités culturelles de chaque région, promouvant une Église qui sait entrer en dialogue avec les traditions locales.

Élevé au rang de cardinal-évêque d’Albano le 6 février 2025, il devient immédiatement un solide candidat au conclave. Lorsque le 8 mai 2025 les cardinaux se réunissent pour élire le successeur de François Iᵉʳ, son nom revient en tête des discussions grâce à sa réputation de médiateur et à son expérience missionnaire. À l’issue de plusieurs scrutins, il est choisi et prend le nom de Léon XIV, en hommage à Léon XIII, promoteur de la doctrine sociale de l’Église.

Au moment de son élection, il a 69 ans : il reçoit l’anneau du pêcheur des mains de son prédécesseur et prononce un premier « Urbi et Orbi » empreint de simplicité et de proximité. Dans son discours inaugural, il appelle l’Église à sortir de ses structures pour rejoindre les périphéries existentielles : migrants, malades, détenus et jeunes désorientés. Il annonce le lancement d’un synode consacré aux 18-30 ans et la publication prochaine d’une encyclique sur la « justice écologique », centrée sur la sauvegarde de la création et la défense des plus vulnérables.